Bulletin Mars 2019

«Une fleur au printemps c’est le rayon de soleil qui vient égayer la vie».

MARS 2019
ASSEMBLEE GENERALE

 

En Ce jour les médias font mention du printemps. Bonne nouvelle : le renouveau est là, la vie éclate de partout ; ils parlent aussi de la francophonie dont c’est le jour. Notre belle langue pratiquée dans plusieurs pays du monde. Bien sûr pour notre association on n’en demande pas tant… A espérer seulement que les quotidiens de proximité aient fait écho de la date de notre Assemblée Générale. N’est-ce-pas le moment où Lueur d’Espoir manifeste sa vie et qu’à travers elle, on peut y cueillir comme au printemps les fleurs de l’Espoir ? N’est-ce-pas pour en semer la graine que s’acheminent vers la salle Bel Air les participants à cette rencontre. Ils se hâtent car il est mieux d’être à l’heure a-t-on suggéré la dernière fois.

Après les retrouvailles des plus chaleureuses, Florence ouvre la discussion. Un petit problème d’organisation se pose. Certaines personnes souhaiteraient un plus petit groupe. C’est vrai le plus petit groupe a des avantages qu’un plus grand n’a pas. On le sait bien à Lueur d’Espoir. Mais cette salle ne s’y prête pas. Décision ? Nous poursuivons en grand groupe. Le partage va être marqué par une des raisons évoquées pour faire les petits groupes. La réflexion portera sur la souffrance. Le fait de parler dans un grand groupe de choses difficiles à entendre peut plomber le groupe. Quand on écoute la souffrance des autres, on peut soulager la sienne et évoluer. Partager la souffrance aide à avancer. « Chaque journée mensuelle ou chaque vendredi est un stage intensif d’amitié, que chacun qualifie comme il veut, qui fait progresser ». « En tant qu’enfant on peut faire des interprétations en rapport à la vie des parents et rester longtemps avant d’en parler »… Quelqu’un parle de son fils malade, physiquement et psychiquement. De la difficulté à vire avec lui et d’accepter cette situation sans perdre ses repères ; sur le moment on fait face puis les émotions envahissent (la fatigue survient). A Lueur d’Espoir je me disais : « Qu’est-ce que je viens faire et maintenant je me dis que ferai-je sans l’association ? Au début de ma maladie j’ai lu l’article de Juliette. Plus tard j’ai intégré le groupe ». A Lueur d’Espoir « tu viens avec ton paquet si tu repars avec tu as raté ta journée » disait Juliette. On ne peut pourtant pas tout dévoiler. On se rappelle les boîtes de conserves en réserve qui ouvertes permettent de raconter. Mais nous n’y avons pas toujours accès. Quand nous sommes dans le noir nos valeurs sont enfermées. Il faut un mieux-être pour arriver à les ouvrir. Quelqu’un dit : « cette partie de moi je ne voulais pas la rentrer en moi ». « C’était des mauvais petits génies qui étaient sur moi. Ils me venaient quand j’allais mal. Je me suis bagarrée pour m’en débarrasser ». A ce moment le groupe pense à la souffrance des personnes qui ne sont pas des nôtres aujourd’hui. Pareillement, ceux qui sont réunis le vendredi rejoignent par la pensée les absents. Penser aux autres est dans la logique des choses à tous les âges de la vie semble-t-il ? A 111 ans notre visiteuse du Mont Saint-Michel ne dit-elle pas « je pense à ceux qui ont moins que moi ». Alors qu’elle réalise son rêve, au pied du Mont elle n’oublie pas les moins favorisé qu’elle.
Devant chaque souffrance se cache une perle. De cette souffrance on peut, pour certains, sortir meilleur. La maladie est un chemin pour guérir et devenir plus humain. Quand on vit sans obstacle, la vie coule de source. Elle a moins de goût, quelquefois nous sommes épuisés. On pourrait peut-être chercher le positif de la journée qui serait susceptible de nous faire du bien. Certains ont l’impression de n’arriver à ne rien faire ; noter les petites choses positives réalisées, ceci serait réconfortant.
Au terme de ce partage je crois, dans sa simplicité, il ressemble au vécu d’il y a 30 ans. La souffrance est indéboulonnable même si elle n’est pas la même qu’à l’époque précédente.
Merci à nous tous d’être toujours là pour chercher à l’apaiser.

Après-midi
Assemblée générale proprement dite –

Jetons juste un oeil sur la 31ème de l’association qui, en 30 ans a signifié l’intensité de Vie. Intensité de Vie possible grâce à une équipe soudée, et à une collaboration toute simple mais efficace.
Annie, notre Présidente, va nous le dire dans son rapport moral qu’elle prononce au nom de tous les bénévoles qui l’entourent. Cette animation elle la réalise avec sérieux et enthousiasme. C’est bon à entendre, alors qu’il s’agit d’une charge et d’une responsabilité. Ce qu’elle nous transmet en est le garant. Les rapports des services disent la disponibilité des personnes qui les assument. Plus tard, Annie remerciera ces bénévoles fidèles et assidus dans leurs tâches. Tout ceci est rassurant pour l’association et contribue à sa bonne marche avec toutes les formations. Il faut penser que cette équipe, formée, compétente, peut avec bon sens, conserver l’esprit de Lueur d’Espoir, comme le souhaite Annie.
Aussi, donner confiance à toutes les personnes qui viennent chercher apaisement à leur affreux mal-être dans la dépression. Par cette 31ème Assemblée Générale, Merci à ceux qui, sans emphase, continue à offrir la Lueur d’Espoir.

Témoignage d’Emilienne
Propos recueillis par Patrick et Annie
le 3 décembre 2018

Mimi, dans quelles circonstances es tu venue à Lueur d’Espoir ?
A un moment de ma vie, j’ai arrêté de travailler mais je sentais que j’avais encore des choses à donner. J’ai cherché à m’investir dans une bibliothèque, à distribuer des livres dans les hôpitaux, ça ne me convenait pas. J’avais une amie, Lisette, qui était elle-même amie avec Juliette. Elle lui a dit : « Tu peux prendre Mimi, car elle écoute sa belle-mère qui est dépressive depuis longtemps. Elle est compétente. » Le problème est que je n’avais jamais fait de dépression.

A l’époque, il fallait avoir fait une dépression pour devenir écoutant ?

C’était la condition mais j’avais quelque chose à donner et on m’a acceptée. Très vite, je me suis aperçue que ne pas avoir fait de dépression était un handicap. C’était la première question que l’on posait lorsque quelqu’un arrivait à l’association. J’ai alors pris le parti de ne pas faire d’entretiens particuliers. De m’occuper de faire marcher la permanence de m’occuper de l’organisation. Lisette et moi on était amies, on s’entendait bien.

As-tu un exemple à nous donner ?

On devait faire attention à ce que les personnes ne discutent pas trop avec des jugements. On était là pour écouter, pour éviter les cancans, ne pas porter de jugement, ne pas parler des personnes en leur absence. Sur un tableau, on affichait trois mots. : Liberté, discrétion, chaleur humaine.

En quelle année es-tu arrivée à Lueur ?

Le premier vendredi de mars 1989. L’association était toute récente. On avait une petite salle avec des canapés tout autour. On s’est retrouvé avec une quarantaine de personnes. Comme accueillants, il y avait Lisette, une religieuse et moi.
Les premières permanences, les gens parlaient, on écoutait et très vite on s’est aperçues que notre permanence plaisait comme elle était. Le mode de fonctionnement s’est imposé. C’était une discussion de groupe, les gens s’écoutaient, on avait pas besoin de faire la discipline. On s’est beaucoup plu là-dedans !
Très vite aussi on s’est aperçues qu’on faisait des bêtises. Un monsieur avait pris l’habitude de venir me voir…Une autre avait pris quelqu’un chez elle…On avait pas la formation voulue. Très vite s’est imposée l’idée d’une Charte de l’écoutant.

Qui a rédigé la Charte ?

Il y avait Juliette, Monsieur Julienne (il était trésorier) , Jean Prat (il était prêtre) et moi. La rédaction de la Charte a demandé du temps.

Raconte nous les débuts…

Au début, il a fallu se battre. Nous voulions que l’association reste neutre, pas confessionnelle. Parce que au début, l’association prenait cette voie-là. C’est Juliette et moi qui ne voulions pas. On voulait que tout le monde puisse venir.
L’équipe d’accueillantes, c’était des personnes qui venaient de mouvements engagés du coté de la religion. Il a fallu tenir bon.

Qu’est-ce que ça t’a apporté de faire partie de cette association ?

Pour moi, ça comblait un vide. J’avais un besoin de donner en moi. J’y étais bien. Tout ce que j’avais en moi de négatif, à travers ces personnes si pauvres elles-mêmes, j’avais pas besoin de le justifier.

Dans ton entourage, tu avais été confrontée à la dépression ?

Oui, avec ma belle-mère, je l’ai beaucoup écoutée. Et puis, il y avait tout ce vécu dont j’étais porteuse. J’étais heureuse dans ma vie. Autant, avant la rencontre avec mon mari, j’avais souffert d’injustice, autant dans ma vie personnelle d’alors, tout cela, c’était en morte-eau. Mais avoir en moi ce besoin de donner, ça venait bien de quelque part. J’ai été élevée chrétiennement.

Tu fais encore partie activement de Lueur d’Espoir, pourquoi es-tu restée si longtemps ?

Du fait de mon éducation, j’étais au départ dans le principe d’aller vers les autres et dans ce groupe-là, j’ai trouvé ce que je n’avais pas encore trouvé. Quelque chose me satisfaisait, j’ai trouvé ma place. Malgré ma vie heureuse, il y avait quand même ce manque et cette vie heureuse me laissait une place pour pouvoir combler ce manque, elle me laissait une disponibilité pour quelque chose d’autre.
J’avais un mari qui était porté vers les autres. C’était un exemple pour moi. Il ne supportait pas qu’on amène des cancans. C’est lui qui m’a appris le respect des autres. J’ai pris ses valeurs comme miennes. Je suis restée à Lueur parce que ça me convenait. Ca m’a ouverte à l’empathie devant les situations vécues (injustice, incompréhension…) cela me ramenait aux injustices et humiliations vécues et subies dans mon enfance.

Texte proposé par Franck

Si la pierre disait :
« Ce n’est pas une pierre qui peut monter un mur
Il n’y aurait pas de maisons ».
Si la goutte d’eau disait :
« Ce n’est pas une goutte d’eau qui peut faire une rivière
Il n’y aurait pas d’océan. »
Si le grain de blé disait :
« Ce n’est pas un grain de blé qui peut ensemencer un champ :
Il n’y aurait pas de moisson. »
Si l’homme disait :
« Ce n’est pas un geste d’amour qui peut sauver l’humanité
Il n’y aurait jamais d’amitié et de paix
Sur la terre des hommes. »
Comme la maison a besoin de chaque pierre,
Comme l’océan a besoin de chaque goutte d’eau,
Comme la moisson a besoin de chaque grain de blé,
La Paix a besoin de toi, unique et irremplaçable.

(Anonyme)

JOURNEE RENCONTRE
MERCREDI 17 Avril – Salle Bel Air
Rue Fernand Jacq – Métro le Blosne
Pôle Associatif
Elle débutera à 10h45

Après-midi à partir de 14h : L’intervenante, Madame Chloé Chaubernard, nous entretiendra d’un sujet fort intéressant : Apaiser les souffrances par la musique – La Musicothérapie.

Venez nombreux !

N’oubliez pas notre journée rencontre du 15 Mai au « Château du Boschet » et son parc à la française préserver depuis 350 ans ! Le matin rendez-vous à 10h45 à la salle Bel Air pour notre partage et départ à 13h pour le château ! Ce sera un moment festif avec des chants médiévaux a cappella par les hôtes dans la chapelle. Visite du parc et son château et goûter confectionné par leur soin dans leur superbe cuisine. Pensez à réserver en vous acquittant de la somme minimum de
5 Euros. Merci !

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